Vallée de l'Orge

Source de vie, élément dominant de notre environnement les cours d'eau, ces premiers tracés naturels utilisés par les hommes, ont toujours joué un rôle essentiel dans leurs activités.

La toponymie nous indique, avec les réserves d'usage, que le nom de notre rivière aurait pour origine un nom celtique à savoir Urbisa, Orgla et peut-être Urbis, c'est du moins l'opinion des spécialistes en la matière.

L'Orge prend sa source aux environs de Saint-Martin-de-Bréthencourt pour se jeter dans la Seine à Athis-Mons après un parcours de 54 kilomètres. Le cours de la rivière, tel que nous le connaissons, a été profondément modifié par l'homme lors de la construction des nombreux moulins qui jusqu'au début du XXe siècle étaient pour une bonne part en activité avant d'être reconvertis en maisons d'habitation. Le lit de la rivière tel qu'il nous apparaît présentement, n'est plus globalement qu'un canal artificiel en surélévation par rapport au fond de la vallée, et ce, pour optimiser au maximum la force motrice que constitue l'eau en mouvement. Les boëles qui occupent le fond de la vallée sont certainement les anciens lits de l'Orge.

Le faible débit de la rivière est renforcé par de multiples affluents dont le principal est l'Yvette, bien que de moindre importance on peut citer aussi la Rémarde et la Renarde.

De nombreuses localités au passé historique attesté sont implantées sur le cours de la rivière.

Nous trouvons, près de la source, les ruines du château féodal de Bréthencourt qui surveillait et verrouillait les transports de céréales en provenance de la Beauce.

Autre château fort, celui de Dourdan construit par Philippe Auguste. Dans la ville ainsi protégée se tenaient sous la halle de nombreux marchés et foires source de revenus importants.

A Saint-Chéron nous trouvons le château de Baville édifié sous le règne de Louis XIII par Chrétien de Lamoignon. Des hôtes célèbres séjournèrent au château parmi eux Mme de Sévigné, Boileau et bien d'autres ils animèrent de leur talent les réceptions données par les hauts magistrats qu'étaient les Lamoignons.

On ne peut oublier de citer Arpajon localité située sur un axe de communication important. La ville est connue pour sa célèbre halle du XVe siècle et sa contemporaine foire aux haricots.

Autre site phare de la vallée, Brétigny-sur-Orge avec son incontournable centre d'essais en vol.

Montlhéry et sa tour, vestige du château féodal qui défia les rois de France. C'est dans la plaine située au pied de la tour que se déroula la célèbre bataille, à l'issue incertaine, qui opposa Louis XI à Charles le Téméraire alors comte de Charolais.

Longpont-sur-Orge sa basilique vestige d'un prieuré clunisien, ses châteaux de Lormoy et de Villebouzin où l'histoire s'est parfois arrêtée.

Sainte-Geneviève-des-Bois occupe une place particulière, avec son "donjon", sa grotte et surtout l'église orthodoxe et son cimetière russe, où reposent de nombreuses personnalités qui sont venues se réfugier dans notre pays lors des événements révolutionnaires qui perturbèrent la Russie au début du XXe siècle.

Villiers-sur-Orge, avec ses 178 hectares, est la plus petite commune de département de l'Essonne. Dreux d'Aubray, Madame Du Barry, le docteur Guillotin et bien d'autres sont nés, ont habité ou ont possédé une résidence dans ce qui n'était alors qu'un hameau.

Le château de Savigny-sur-Orge construit sous Charles VIII aujourd'hui reconverti en lycée nous rappelle le passé historique de la ville. Le maréchal Davout qui en a été un des propriétaires et y est décédé en 1823.

Viry-Chatillon a vu au début du XXe siècle se construire sur son territoire le premier aérodrome répertorié où les pionniers de l'aviation s'illustrèrent dans de mémorables meetings qui se déroulaient devant une foule considérable atteignant parfois 100 000 spectateurs.

Juvisy-sur-Orge connu pour sa gare, carrefour ferroviaire important, qui fut durement éprouvée par les bombardements lors de la Seconde Guerre Mondiale

On ne peut oublier de mentionner le pont des Belles Fontaines, construit sous Louis XV, sur une déviation qui permettait de contourner la localité, ni l'observatoire de Camille Flammarion d'où le célèbre astronome observa l'univers.

Athis-Mons dernière ville de la vallée, dont le château a été acquis en 1743 par Mlle de Charolais petite fille du Grand Condé. C'est sur le territoire de cette commune que les eaux de l'Orge viennent se mêler à celles de la Seine.

Voilà résumé, d'une façon succincte, la liste des principaux sites architecturaux, ainsi que les plus importants faits historiques qui eurent pour cadre la vallée de l'Orge, ce qui vous incitera peut-être à "flâner" dans la vallée pour en découvrir toutes ses richesses.

 

L'Orge près de sa source

 

L'Orge à son confluent avec la Seine

  

Villiers-sur-Orge – Orage du 6-7 juillet 2001.

Le violent orage, qui s'est abattu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2001, a fortement perturbé, pendant une journée, la vie communale. Dans notre société moderne, qui s'éloigne de plus en plus de ce que l'on pourrait qualifier de vie liée au cycle des saisons et de leurs perturbations naturelles, la moindre défaillance de la météo (orage, tempête etc..), dérègle notre existence qui est fortement tributaire du progrès technique (électricité, transports). Nos ancêtres, qui avaient une vie plus rude, supportaient plus facilement que nous les caprices de la nature.

L'orage, qui a sévi nuitamment, en faisant déborder la rivière, a causé de nombreux dégâts et perturbé fortement la circulation, en inondant les rues et les routes de Villiers ce qui est dû, dans ce cas, au fait que la commune est située géographiquement dans la vallée de l'Orge, rivière qui prend sa source dans le département des Yvelines pour se jeter dans la Seine à Athis-Mons, après avoir traversé le département de l'Essonne. Ce que notre génération semble découvrir est un phénomène naturel que les riverains ont toujours subi. Pour mémoire nous rappellerons que la rivière était surnommée autrefois la Boudeuse, car ses crues étaient aussi brutales qu'imprévisibles.

Nous pourrions citer plusieurs exemples d'inondations, qui dans le passé ont causé de nombreux dégâts dans les villages riverains :

- Un orage survenu le 4 juin 1780 occasionna un débordement de la rivière à Sermaise, ce qui eut pour effet de détruire une partie du village et de recouvrir le sol de 1,40 m. d'alluvions ce qui explique que le parvis de l'église du village se trouve, de nos jours, bien au-dessous du sol actuel.

- Plus près de nous, le 17 juin 1905, éclata un très violent orage qui causa de nombreux dégâts dans la région, principalement à la Ville-du-Bois.

- L'année 1978 connu des crues importantes, de nombreux pavillons furent touchés. En ce qui concerne Villiers, nous lisons dans le Bulletin Municipal qu'il y a eu, au mois de mars, 30 interventions des sapeurs-pompiers, principalement pour épuisement des caves et des sous-sols. Le camping fut, lui aussi, assez sérieusement touché, il fallut l'intervention d'une barque et d'un homme -grenouille pour évacuer quelques caravanes.

Ces phénomènes importants sont amplifiés par un bétonnage irraisonné de la vallée dont l'exemple type est la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois qui a été construite, au début du XX° siècle, au détriment de la forêt de Séquigny dont elle occupe la place, créant ainsi des zones de ruissellement importantes qui dirigent directement vers la rivière les eaux pluviales sans aucune retenue végétale. Ce bétonnage, qui imperméabilise les sols, a pour conséquences d'accélérer la pollution des eaux en lessivant les voies de communication imprégnées des résidus pétroliers liés la circulation automobile.

Pour lutter, dans la mesure du possible contre les effets négatifs de notre civilisation. Les communes riveraines, dont Villiers, se sont regroupées au sein d'un syndicat intercommunal et ont construit des bassins de rétention pour écrêter la majeure partie de crues. Ce système est complété par un réseau d'égouts, qui est dirigé sur une station d'épuration, ce qui permet de lutter contre la pollution des eaux.

Malgré tous les efforts d'aménagement, la nature essayera toujours de reconquérir ses droits, et la rivière d'occuper son ancien lit, dont elle fut chassée au cours des siècles occasionnant, dans certaines circonstances, des inondations difficiles à contrôler.

 Sources:

Photos J. Peyrafitte

Cartes postales collection J. Peyrafitte

 

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