MORSANG-SUR-ORGE
Situé sur la rive droite de l'Orge en face d'Epinay, à l'origine nous dit l'abbé Lebeuf : "C'étoit sans doute une forteresse ou un enclos sur les bords de la rivière d'Orge". Des murailles étaient encore visibles sous le règne de Louis XIV, il n'en reste actuellement plus de traces matérielles.
Ce qui n'était qu'un hameau a appartenu de 1159 à 1564 à l'abbaye de Saint-Malgloire. Les vicissitudes de la Guerre de Cent Ans sont durement ressenties par le village qui est très éprouvé, il n'y a plus d'église et les maisons sont toutes détruites. Le domaine devient de ce fait difficile à rentabiliser, il est vendu par Guillaume Viole, évêque de Paris à Jean de Fornicon de la Raguenière "à charge de la tenir à foi et hommage de lui".
Le château actuel fut construit par Pierre Duret d'Harnoncourt vers 1740. Dans ses murs est installé un centre culturel qui regroupe de nombreuses activités. Le parc qui l'entoure, avec ses 27 hectares constitue, dans cette zone fortement urbanisée, le plus grand espace libre mis à la disposition du public. Au début du siècle suivant, la famille de Berthier de Sauvigny en fait l'acquisition. En 1849 le docteur Chomet achète le château puis, plus tard, ce sera le docteur Ricord. De 1909 à 1966 c'est Christian de Berthier qui en est le propriétaire. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la propriété est occupée par les Allemands le 15 juin 1940. Le château est acquit le 7 novembre 1946 par l'Association diocésaine de Paris qui y installe un séminaire. En 1980 il devient propriété communale.
Les ressources économiques de la commune furent par le passé essentiellement agricoles, Oudiette nous dit en 1812 que "les principales productions de ce terroir sont en grains ; une partie est en prairies. M. de Berthier y entretient un beau troupeau de mérinos pure race, provenant des établissements du gouvernement ".
L'église au massif clocher carré est composée de deux chapelles dont l'ancienneté remonte pour la chapelle Saint-Jean au XV° siècle, et pour la chapelle Saint-Charles au XVIIIe siècle.
|
|
|
Exploitation des carrières
A la fin du XIX° siècle l'industrie principale de la commune était l'exploitation des carrières de pierre meulière. Cette exploitation, à grande échelle, nous est décrite avec précision par l'instituteur de Morsang dans sa monographie :
"La pierre existe presque partout, plus ou moins abondante. Avant d'ouvrir une carrière, les ouvriers commencent par sonder le terrain, soit avec la pince levier, forte tige de fer de 3 à 4 mètres de longueur, soit avec la tarière. Si la pierre est rencontrée par ces outils, on creuse des repères, sortes de fossés de 2 mètres de longueur, 1 mètre de largeur et 2 à 3 mètres de profondeur.
Si l'endroit est reconnu favorable, on procède alors à la découverte, c'est-à-dire à l'enlèvement des terres sur une surface de 30 à 40 m2. Dans ces terres de déblais on rencontre assez souvent des blocs erratiques de grès rouge amenés là par les eaux à une époque très reculée. Jamais ces grès qui ont une forme à peu près arrondie ne se rencontrent plus profondément dans les couches sédimentaires de meulière.
L'exploitation proprement dite commence alors. Les pierres réduites en fragments de 10 cm3 en moyenne sont sorties de la carrière à la brouette sur des plans inclinés formés de solides madriers dits à plats bords.
Lorsque le bloc est trop considérable pour que les pinces puissent le soulever et les masses le débiter, on a recours à la poudre ou à la dynamite. Un trou de 3 cm de diamètre environ est alors percé, avec une barre d'acier, dans toute la partie centrale du bloc à disloquer et jusqu'au tiers de son épaisseur. Une cartouche de dynamite amorcée est placée au fond du trou que l'on rempli d'eau ou de terre après avoir disposé une mèche dont la longueur est calculée de façon à laisser en brûlant à raison de 30 cm par minute, un temps suffisant pour que les carriers puissent s'éloigner de 100 m au moins du point de l'explosion. Ils ont préalablement crié à diverses reprises "Gare à la mine". On a extrait ainsi en 30 ans, deux millions de m3 de pierre, qui ont été acheminées jusqu'au port fluvial de Chatillon pour être transportés à Paris, quai Henri IV où la vente s'effectue en 1899 à raison de 10 à 14 fr le m3."