LONGPONT-SUR-ORGE

 

Son nom vient probablement de sa position géographique. Sur le même site à l'époque gallo-romaine, nous trouvons à peu de distance, au niveau de St-Michel une villa (grand domaine agricole), ainsi que la voie de Paris à Orléans qui traverse le hameau de Villebouzin. La route qui permet de relier le domaine à la voie doit franchir l'Orge ainsi que ses nombreux bras. Les abords de la rivière sont très marécageux d'où la nécessité de construire un "long pont", qui dans la réalité doit plutôt être une chaussée surélevée coupée de ponts.

Important centre religieux au Moyen-Age, siège d'un prieuré dont la renommée dépasse largement les limites de la région. Son origine, en tant que sanctuaire, est très ancienne. Puisque la légende attribue au culte de la Vierge une origine druidique. A l'emplacement de la basilique aurait jailli une source sacrée. Des bûcherons auraient trouvé sur ce site, dans le creux d'un chêne la statue d'une vierge tenant un enfant dans ses bras. Une première chapelle est érigée, elle est dédiée à la Sainte Vierge, l'abbé Lebeuf nous dit "qu'elle servit de paroisse aux habitants de ce vallon sur le rivage de la rivière d'Orge."

Vers l'an 1030 Guy 1er et sa femme Hodierne entreprennent à leurs frais, sur l'emplacement de la chapelle, la construction d'une église : Notre-Dame-de-Bonne-Garde. Cet édifice religieux ne fut achevé qu'au XIII ° siècle.

Si l'on en croit les chroniqueurs de l'époque, Hodierne aurait participé à la construction de l'édifice. Ce fait historique ou non, défiguré par la tradition devint une merveilleuse légende dont il existe plusieurs versions pour une même trame :

 " Un jour travaillant à la construction de l'église, la comtesse de Montlhery s'avisa de demander à un forgeron le moyen de porter quelque chose de lourd avec moins de fatigue ; au lieu de répondre, le méchant ouvrier lui jeta une barre de fer rouge à travers les jambes, ces dernières ne furent pas brûlées.

Hodierne pour se venger, maudit tous les forgerons et jura que tout homme de ce métier, qui viendrait s'établir à Longpont, mourait infailliblement dans l'année. Le forgeron meurtrier mourut bientôt après et l'on ajoute qu'il n'eut de longtemps de successeur."

Le prieuré de Longpont a joué un rôle important dans l'histoire religieuse, plusieurs de ses prieurs devinrent des évêques. Les revenus de cet établissement ecclésiastique étaient à la mesure de son rayonnement, c'est-à-dire importants.

L'église érigée en basilique en 1913 a été maintes fois remaniée, elle conserve cependant du XI° siècle sa nef romane. En 1819 elle est très largement dégradée, il fut un moment question de la détruire pour éviter d'onéreuses réparations. Elle sera toutefois sauvée de justesse grâce à l'intervention du général Barrois, mais malheureusement amputée de son transept. Ce ne fut qu'en 1878, lorsque furent reconstruites les parties détruites après la Révolution qu'elle a retrouvé son aspect originel.

 Les pèlerinages

L'origine des pèlerinages est très ancienne puisqu'elle remonte au XI° siècle. L'abbé Lebeuf nous fait remarquer que le trésor de l'église ne devait pas être dépourvu de reliques.

Interrompus lors des événements révolutionnaires, ils reprennent après la réouverture de l'église en 1793, ce n'est cependant qu'en 1850, que restaurés par Mr. Arthaud ils retrouvent rapidement de l'éclat. De nombreux prélats de haut rang assistent alors aux cérémonies religieuses. Les principaux pèlerinages ont lieu deux fois par an, à la Pentecôte et au mois de septembre ces solennités sont suivies par de nombreux fidèles.

Les fêtes de l'Assomption sont aussi pour de nombreux chrétiens l'occasion de se réunir pour prier, à l'occasion de cet événement se déroule une procession ; celle de 1989 fut conduite par Monseigneur Herbulot évêque du diocèse d'Evry, elle prit son départ dans le parc du château de Lormoy pour se diriger vers la basilique.

Parmi les histoires que l'on se racontait autrefois aux veillées, nous en avons relevé une dans un ouvrage traitant du folklore dans notre région le Hurepoix et ayant trait aux pèlerinages de Longpont.

"Un jour les habitants d'un village voisin conduits par leur curé, s'en allaient en procession à Longpont pour avoir de l'eau. Comme ils passaient devant un vieux paysan celui-ci demanda au curé, avec raillerie :

- Vous allez chercher de l'eau à Longpont c'est bien, mais où mettrez-vous cette eau, puisque vous n'avez pas de récipients ?

Alors le curé sourit et répondit :

- T'en fait pas mo brave j'ai toutes mes cruches derrière moi..."

 

 

La basilique

 

Le pèlerinage

 

Le château de Lormoy

Le château de Lormoy, imposante bâtisse reconstruite en 1837 par l'architecte Charpentier, ne peut passer inaperçue, Maddy Guillon nous dit dans son étude sur le château que "d'après la tradition orale qui ne semble pas contestée, Gaston d'Orléans aurait entrepris la construction d'un château sur la terre de Lormoy, soit vers 1627-28".

En 1812, la propriété avant sa reconstruction, nous est décrite par Oudiette de la façon suivante :

"Sa position sur une éminence lui donne des points de vue les plus pittoresques et les plus variés. Ses jardins et parcs, d'une grande étendue et traversés par la petite rivière d'Orge sont très agréables par la distribution des eaux, par des sentiers tortueux, tracés dans une grande prairie où se trouvent de belles plantations et des groupes d'arbres qui forment un paysage charmant ".

En 1862 il est acheté par les frères Say, propriétaires de raffineries de sucre, qui le garderont jusqu'en 1934. Le domaine a toutefois été loué en 1907 au roi des Belges Léopol II qui en a fait sa résidence d'été.

Racheté par les Frères Assomptionnistes il est reconverti en séminaire. Cet établissement accueille jusqu'à une centaine d'étudiants, l'enseignement religieux qui y est donné forme les futurs prêtres destinés à la France et aux différentes missions. Les dépenses de fonctionnement devenant de plus en plus lourdes, le séminaire est fermé en 1955 et le château mis en vente.

Actuellement il abrite une confortable maison de retraite, où les pensionnaires peuvent vivre, dans le cadre verdoyant de la vallée de l'Orge, une vie tranquille loin des perturbations des bruits et des nuisances des zones urbanisées.

 

Le château de Lormoy

Longpont le centre

 

Le château de Villebouzin

Oudiette, dans son Dictionnaire des environs de Paris (1808), nous décrit sommairement le château de Villebouzin en ces termes :

"Ce château est d'une ordonnance régulière, entouré de fossés fermant une grande cours, précédée d'une esplanade séparant par des fossés une demi-lune et avenue plantée dont le pavé joint la grande route de Paris à Orléans.

Il existe une belle chapelle construite dans le goût italien, une charmante salle de spectacle et une belle orangerie.

Cette habitation attrayante par la beauté de son grand parc, qui offre la jouissance d'un véritable jardin anglais formé par la nature. L'art ne s'y perçoit pas ; les eaux sont abondantes et bien distribuées. On y voit de belles masses de rochers sortant des eaux, de petites rivières entourant des îles d'un plus bel effet, et en général un mouvement naturel de terre, qui procure des points de vue très agréables et très éloignés."

Les deux pavillons indépendants contenant une chapelle et une salle de spectacle situés à l'avant du château ont disparu, supprimés au XIXe siècle par M. Baudoin, acquéreur du domaine en 1844.

Le château a été restauré en 1912 par l'architecte Paul Friesé, qui construisit également les communs. Un parterre à la française a été rétabli après 1911. La propriété appartient aujourd'hui à une clinique qui a construit des bâtiments dans l'ancienne roseraie.

Le château de Villebouzin

Le château avant sa restauration en 1912

 

Site à consulter : Société Historique de Longpont-sur-Orge : http://shllongpont.free.fr/

 

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