LEUVILLE-sur-Orge

 

Son implantation à flanc de colline fait que le village domine la vallée, sa principale activité est axée sur la production des primeurs destinées à l'approvisionnement des Halles de Paris, la récolte étant transportée par le légendaire Arpajonnais. (1)

Sous la royauté, la seigneurie de Leuville a appartenu entre autres à la famille Ollivier. L'un de ses membres fut lieutenant général des armées du Roi.

La terre avait avant la Révolution le titre de marquisat. Le maréchal de Mouchy-Noaille en était le propriétaire. Du château bâti par François Xavier de Leuville seuls subsistent de nos jours quelques pans de murs, mais les dépendances existent encore, ainsi qu'un petit pavillon très ancien. La propriété héberge depuis 1917 le gouvernement géorgien en exil.

C'est à Leuville dans le calme et la solitude, que le célèbre naturaliste Lacépède composa une partie de ses ouvrages, pendant la période agitée de la révolution.

L'église du XIIe siècle, sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, renferme quelques pierres tombales que l'on qualifie de remarquables.

La tradition du Bineau (2) rencontrée dans de nombreuses localités du Hurepoix se perpétue entre autres à Leuville, où nous avons assisté à l'exécution du triste sire ou plutôt de son effigie qui à l'issue du Carnaval fut livrée à la proie des flammes après avoir été promenée à travers la ville. Mais qui était donc ce personnage dont la tradition populaire perpétue le souvenir ? Un satyre qui se cachait dans les bois, un puissant seigneur abusant de son autorité ? A. Pabiot nous indique que si l'on se réfère à Roger Le Cotte, l'infâme ne serait rien de tout cela, mais tout simplement Jean-Martial Bineau (1805-1855), polytechnicien, ingénieur et homme politique qui, lors des grandes discutions d'ordre économique, eut des positions tranchées qui lui firent pas mal d'ennemis, surtout parmi les petits rentiers. Tout le monde sait, que lorsque l'on s'attaque au portefeuille de nos concitoyens, cela constitue une raison valable pour être brûlé en effigie sur la place publique.

 

Dépendances du château de Leuville

Traditions

Oudiette en 1812 faisait remarquer, au sujet de Leuville, que le terroir de cette commune était en terres labourables, une partie en vignes et le reste en prairies et bois. Bien des choses ont changé depuis cette période, mais il est quant même resté, de l'époque où l'agriculture était florissante, certaines traditions comme par exemple le concours du plus gros potiron. Pour l'année 2004, c'est un potiron de 23 kg qui remporta challenge le vainqueur nous livre les secrets de sa réussite " d'abord un bon terrain, du bon fumier de cheval et un peu d'engrais mais aussi beaucoup de soins " (3)

Autre tradition qui nous est révélée par les frères Seignolle (4) dans leur ouvrage sur "Le folklore du Hurepoix ". Il s'agit cette fois de conscrits " qui portent un petit Saint Vincent en bois et tiennent à la main une bouteille de vin du pays. La statue couverte d'un voile est emmenée à l'église. Pendant la messe le saint est découvert et on le ressort pour le promener dans la commune. Les jeunes gens vendent alors des brioches. Le soir, après le bal, ceux qui sont un peu trop gai, vont arroser la statue du saint "

 

Le Bineau brûlé sur la place publique

Affiche de C. Riguet

 

Source:

Promenade au bord de l'Orge - J. Peyrafitte 1990 Editions Amatteis

(1) Pour l'Arpajonnais consulter : Il était une fois l'Arpajonnais - J. Peyrafitte 1987 Editions Amattéis

(2) LE REPUBLICAIN - 24 avril 1988

(3) LE REPUBLICAIN - 4 nov. 2004

(4) Le folklore du Hurepoix - Claude et Jacques Seignolle - Editions G-P Maisonneuve et Larose 1978

 

Photos J. Peyrafitte

 

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