SAINTE-GENEVIEVE-DES-BOIS

 

Avant de devenir l'importante agglomération que nous connaissons, c'est un petit village agricole et forestier construit en bordure de la forêt de Séquigny, domaine de chasse à l'usage des rois de France.

Le village se développe sans excès autour d'une chapelle pour compter en 1768 une centaine d'habitants.

Les hameaux qui font partie de la commune actuelle semblent avoir une origine plus ancienne que le village lui-même. On trouve des traces de celui de Liers dès le XIIe siècle. Sous Philippe Auguste, le seigneur du lieu devait fournir des troupes au roi et assurer la garde au château de Montlhéry deux mois par an.

Le Perray en bordure de l'Orge appartenait à l'abbaye de Sainte-Geneviève de Paris. Selon l'abbé Lebeuf, c'était de peu d'importance puisque l'abbaye n'y percevait "qu'un septier d'avoine mesure de Montlhéry et deux chapons par an". L'extension de ce hameau est liée pour une bonne part à la construction de l'hôpital de Vaucluse, le personnel de l'établissement en ayant fait son lieu de résidence.

Les habitants de Sainte-Geneviève et des communes avoisinantes "nobles, non nobles, manants et roturiers" possédaient des droits d'usage sur la forêt. Une ancienne tradition locale voulait qu'ils eussent été octroyés par Blanche de Castille. Il faut toutefois noter qu'il n'existe aucune trace écrite de leur origine. Ils ont cependant été constamment reconnus par les rois jusqu'au siècle. Par la suite ils furent contestés par les propriétaires successifs. Continuellement harcelées, les communes ont fini par accepter en 1900 une somme forfaitaire pour l'abandon de ces droits.

Les dits droits "faisaient bénéficier les habitants de la faculté de cueillir et d'emporter sur leur dos, les avalines et tout autres fruits à l'exception des glands ; prendre et couper les bois morts et secs pour leur chauffage ; celui de faire pâturer leurs bestiaux dans ladite forêt, excepté dans les taillis de moins de cinq ans ".

Le sous-sol de la forêt riche en pierres meulières fut l'objet d'une exploitation à grande échelle qui a bouleversé le terrain et détruit les chemins.

Du château féodal ou considéré comme tel, il ne reste que le donjon, il est hasardeux de donner une date pour sa construction. Les spécialistes en la matière font remonter son ancienneté au XIVe siècle en se basant sur ses caractéristiques architecturales. Les bâtiments qui entourent le donjon sont d'après l'abbé Lebeuf de 1750. Le fermier général Durey d'Harnoncourt est supposé avoir fait exécuter les travaux qui ont donné au château sa physionomie actuelle.

En 1922 le comte Berthier vend 62 hectares du parc du château pour 2 fr. le m2 à la Société Immobilière du Domaine de Sainte- Geneviève, le raffineur Say vend de son côté 262 hectares du bois du Perray faisant partie de son domaine de Lormoy. La forêt de Sèquigny est lotie et condamnée à disparaître, la voirie est souvent tracée à l'emplacement des anciens chemins et sentiers. Il faut toutefois noter que c'est pratiquement aux frais des habitants que les premiers équipements sont construits.

 

 

Légende de Sainte-Geneviève

Chaque année le deuxième dimanche après Pâques les fidèles viennent en procession à la grotte pour témoigner à Sainte Geneviève leur pieuse gratitude. La tradition populaire raconte ainsi l'origine de ce pèlerinage :

"Par une chaude journée de l'été de l'an 448, Sainte Geneviève allant au-devant de Saint Loup, évêque de Troye, s'arrêta à l'emplacement de la grotte pour s'y reposer. Ayant soif, elle manifesta à son entourage le désir de boire un peu d'eau ; aussitôt une source d'eau claire jaillit à ses pieds.

Une grave épidémie sévissait alors dans la région, beaucoup d'enfants mourraient. Sachant que Sainte Geneviève passait ici, les mamans amenèrent leurs enfants et la prière de les guérir. Après avoir prié Dieu, Sainte Geneviève leur fit boire de l'eau de la source ; les enfants furent soulagés et peu de jours après l'épidémie cessait.

Les habitants firent en reconnaissance, le voeu de venir chaque année en pèlerinage le deuxième dimanche après Pâques, jour anniversaire de ce miracle et firent élever une statue à Sainte Geneviève, là où jaillit la source."

Cimetière russe

Insolite tel est le qualificatif qui pourrait désigner le cimetière russe et son église orthodoxe au bulbe bleu, couleur du ciel et au toit vert, couleur de l'herbe. Ce symbolisme des couleurs désigne l'église comme étant l'endroit où se rencontrent le ciel et la terre. Le reste de la construction est d'une étonnante simplicité au charme indéfinissable. Ce lieu du culte fut consacré le 14 octobre 1939, il est de nos jours classé monument historique.

 

 

Le cimetière est partie intégrant du cimetière communal de Sainte-Geneviève, toutefois les sépultures russes représentent 80 % de l'ensemble. Dix mille émigrés seraient enterrés en ce lieu, du plus illustre au plus humble ils sont venus chercher un asile dans notre pays après les événements révolutionnaires qui ont affecté leur patrie d'origine. Son implantation est liée à celle de la maison russe qui est bâtie sur l'emplacement de l'ancien domaine de la Cossonnerie acheté en 1920 sur l'initiative de la princesse Mechrcherki et qui devint une maison de retraite pour Russes âgés. Les premières tombes sont apparues en 1927. Dès lors, la construction d'un lieu de culte et de prière devenait nécessaire à cette communauté qui avait conservé ses traditions spirituelles.

 

Source :

Photos J. Peyrafitte

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