VILLIERS-SUR-ORGE
Villiers-sur-Orge avec ses 178 hectares est la plus petite entité territoriale de la Communauté de l'Agglomération. Sous l'Ancien Régime elle dépend pour le spirituel, de deux paroisses a savoir : Longpont-sur-Orge et Epinay-sur-Orge. Le seigneur de Villiers est le vassal de celui de Guillerville.
En 1792 la division territoriale de la France est modifiée. La création de la commune de Villiers remonte à cette époque. Le registre d'état civil du 20 octobre 1792 mentionne Robert Guézart comme Officier public de la commune de Villiers-sur-Orge.
La Seigneurie, la Maison Rouge, la Résidence du Parc sont des domaines qui voient se succéder, au fil du temps, de nombreux propriétaires. Parmi les personnalités qui ont habité Villiers-sur-Orge ou tout simplement possédé une propriété dans la commune nous trouvons entre autres : Dreux d'Aubray, Madame du Barry, le docteur Guillotin, le général Barrois, le peintre Jean Baptiste Huet etc….
L'emplacement du foyer culturel actuel, connu sous le nom de "la Mère Dieu", a-t-il été dans le passé la propriété d'une congrégation de religieuses ? Vers 1930, cette propriété appartenait à la famille de monsieur Albert Fouilleret, qui fut Maire de Villiers.
C'est dans l'ancienne maison de Mademoiselle Joulaud, démolie lors de l'aménagement du carrefour routier, que se préparaient les chasses royales organisées dans la forêt de Séquigny.
Après la Révolution, les ressources de la commune étant limitées, son développement est lent. Cependant les équipements indispensables ont été programmés et menés à terme.
Au XXe siècle, les années 60 virent une augmentation de la population, engendrée par une urbanisation soutenue. Ce qui n'était avant la Révolution qu'un village de vignerons et d'agriculteurs, est devenu avec le temps une petite agglomération résidentielle où il fait bon vivre.
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Château moderne
Construit sur le site d'une propreté ayant appartenu à :
" Joseph Ignace Guillotin docteur en médecine et Président de l'Académie de médecine, demeurant à Paris rue St Roch n° 37 à ce précédent acceptant, acquéreur par lui, ses héritier succédant et ayant causes. (1/11/1808)
Une maison située à la commune de Villiers-sur-Orge, arrondissement de Corbeil du bureau des hypothèques de Corbeil (Seine et Oise) avec cour, bâtiment servant autrefois de chapelle, terrain étant derrière ladite chapelle, basse-cour, jardin et enclos de ladite maison ; le tout contenant cinq hectares, soixante-dix ares, vingt centiares huit ares, ou environ tenant d'une part à la rue pierreuse, d'autre à une grande maison connue sous le nom de maison de la Vierge, par-devant à la grande rue dudit Villiers, et par-derrière au chemin des Molières sur la grande route de Villiers à Villebouzin.
Environ huit ares cinquante-quatre centiares de terres de labour étant au-delà et en dehors dudit enclos, par lequel la conduite des eaux de ladite maison et dans laquelle se trouve la source qui alimente le bassin de la maison, cette pièce de terre tenant d'une part au chemin qui va à Villebouzin, d'autre au sieur et dame Sauguain et d'autre encore audit chemin des Molières".
L' édifice actuel, avant sont agrandissement, date de 1905 il fut construit d'après les plans de l'architecte Viraul.
André Térrail qui avait acquis la propriété, le 22 septembre 1922, suivant un acte reçu par Maître Rivière, notaire à Paris, entreprit des travaux d'agrandissement qui furent exécutés, entre 1923 et 1926, sous la direction de monsieur Lefranc architecte à Paris 53 rue de Londres. Les travaux de maçonnerie furent réalisés par l'entreprise de monsieur Elie Jallera.
Le bâtiment a été acquit par la municipalité qui y a installé dans les locaux ce qui est la troisième mairie de Villiers-sur-Orge

Château moderne actuelle mairie
Source :
Archives municipales de Villiers-sur-Orge non cotées
La Mère Dieu
À vrai dire on sait peu de chose sur ce bâtiment. On ignore même s'il fut un couvent de femmes. L'abbé Lebeuf, dans son histoire du diocèse de Paris n'en parle pas, ce qui est étonnant pour un édifice à vocation soi-disant religieuse. La Révolution française semble l'ignorer comme bien national. Une certitude cependant nous connaissons le nom d'un propriétaire au XIXe siècle il s'agit Madame veuve Saugrain.
L'Annuaire départemental de 1911 nous donne comme détenteur du moment de la propriété M. Fouilleret ; il en est toujours le propriétaire en 1936.
En 1938 la municipalité de Villiers fait l'acquisition du domaine pour y installer la nouvelle mairie. Cette propriété conservera cette vocation jusqu'en 1976, époque où les services administratifs seront transférés dans la nouvelle mairie située sur l'emplacement de l'ancienne propriété du docteur Guillotin. Depuis cette époque c'est le Centre Culturel Pablo Néruda qui occupe les locaux.

La Mère Dieu seconde mairie de Villiers
Source :
Annuaire départemental 1911
Délibérations du Conseil Municipal
La Seigneurie
La propriété se compose d'un château et d'un parc. La demeure, résidence sous l'Ancien Régime, des seigneurs de Villiers, est d'une architecture dépouillée ; son ancienneté n'est toutefois attestée que depuis le XVIIe siècle. Elle se compose d'un corps de bâtiment de cinquante mètres de long sur six à sept de large et comporte un rez-de-chaussée surmonté d'un étage mansardé. Autour s'étend un parc d'un hectare avec terrasse, arceau de feuillage et beaux arbres.

La Seigneurie
Acte de vente de la Seigneurie
Lorsque le 13 juin 1812, M. Delivry vend à M. Alexandre Balthazar Laurent de la Reynière, l'ancienne résidence des seigneurs de Villiers-sur-Orge, la propriété se présente à cette époque, d'après l'acte rédigé par Maître Pierre Aimable Ferdinand Viaut et son confrère notaires impériaux à Paris, comme décrite ci-dessous :
"Une maison de campagne située à Villiers-sur-Orge commune de ce nom faisant partie du ci-devant château dudit lieux, et consistant :
1° En un principal corps de logis à gauche en entrant par la porte cochère composé : d’un rez-de-chaussée, cuisine, office, salle à manger, salon, chambre à coucher avec alcôve et cabinet et garde-robe, chambre de domestique et un cabinet d’aisances . au premier, chambre de maître avec alcôve et cabinet, chambre de domestique, corridor régnant sur toute la longueur des appartements ; plusieurs caves sous le bâtiment ; grande cour à porte cochère autre petite cour derrière ledit principal logis ; lavoir, remise, vacherie, laiterie, toit à porc, poulailler, bûcher, saloir, logement du jardinier et autres lieux. Lesdits bâtiments et cours trois ares vingt-quatre centiares tenant d’un coté du midi aux bâtiments de la ferme appartenant au sieur Simon Fedon – d’un bout vers l’orient au jardin ci-après et d’autre au chemin qui conduit de celui de Villiers à Villebouzin –
2° En un jardin potager planté d’arbres fruitiers clos de murs, contenant quatre-vingt-deux ares dix-sept centiares (2 arpents 43 perches ½) tenant d’un côté du midi au mur mitoyen avec la femme Simon Fedon d’autre au mur aussi mitoyen avec la maison de la femme Metz, d’un bout vers l’orient à Claude Froissard et la veuve Houdière à cause d’une plate-bande d’environ un mètre vingt-neuf centimètres (4 linos) au-delà du mur contre lequel il y a un espalier intérieur et un contre espalier et de l’autre coté à l’article précédent, le mur de terrasse et un puits entre deux, ledit puits garni de sa potence, poulie, chaîne main et seau.
3° En une portion de l’avenue dudit ci-devant château plantée de deux rangées d’arbres fruitiers et des deux cotés en vigne, contenant trente-neuf ares soixante-quatre centiares (1 arpent 16 perches) tenant d’un coté du midi aux héritiers Mignon et d’autre à Jean Jacques Dane d’un bout vers l’orient au premier article ci-dessus, ledit chemin de Villiers à Villebouzin à ladite basse-cour entre deux et d’autre au chemin d’Epinay-sur-Orge à Montlhéry.
Ainsi que lesdits lieux se poursuivent et comportent sans aucune exception ni réserve."
Source :
Acte de vente dressé en 1812. Photocopie au Centre de documentation de l'Ile-de-France (Sceaux 92). Carton Villiers-sur-Orge
Maison Rouge
Qualifiée par certains de ferme, de maison de campagne et par d'autres de château, Maison Rouge fut dans le passé un des plus importants domaines de Villiers-sur-Orge. Son nom viendrait de la couleur des briques employées dans la construction du bâtiment qui est implanté dans cette propriété.
De nos jours son aspect est celui d'une grande demeure à toit en tuiles, construite en pierre et en briques couvertes d'un enduit. Sur le coté une terrasse à balustre domine les vestiges d'un parc planté de beaux arbres qui est aujourd'hui à l'abandon et partiellement loti.

Maison Rouge
Maison Rouge et Madame Du Barry
Ladite Maison Rouge qui est en réalité une maison bourgeoise fut achetée en 1772 par la comtesse Du Barry, née Jeanne Bécu, pour y loger sa mère Anne Bécu et cela pour la somme de 45 000 livres, plus 8 000 livres pour le mobilier.
Le Rôle de la Taille (C 23/5) nous précise que " Mme Du Barry possède à Villiers 30 arpents, dont 5 en bois, 2 en potager et 23 clos et la même chose sur Longpont".
Les archives départementales de l'Essonne (B3091) nous indiquent que ladite Anne Bécu, mère de la Du Barry, se fait alors appeler Anne Rançon de Montrabe née Bécu.
Dans l'état actuel de nos recherches nous ne possédons que peu de renseignements sur les rapports qui existaient entre les habitants de la Maison Rouge et la population autochtone. Il est cependant de notoriété publique que la mère de Mme Du Barry "n'avait ni le langage ni les manières d'une femme de qualité". Quelques procès-verbaux concernant des infractions aux règlements et des plaintes nous fournissent malgré tout des indications.
Un rapport du garde-chasse de Seigneurie de Villiers-sur-Orge en date du 10 juillet 1777 (B3091) fait état de ce que nous qualifierons d'entorse au droit de chasse, il est rédigé en ces termes:
" Vers six heures de sa tournée ordinaire pour les devoirs de sa charge, il a entendu tirer un coup de feu dans le jardin dépendant de la Maison Rouge et vu par-dessus le mur dudit jardin dépendant de la Maison Rouge du côté de la prairie de Villiers que c'était le fusil à la main que Monsieur et Madame de Montrabe qui tiraient dans le jardin avec un fusil qu'ils avaient dans la main. "
Une plainte pour injures est déposée le 13 avril 1788 contre le jardinier de Maison Rouge, elle est ainsi libellée:
" Anne Thérèse Bécu âgée de quarante et un ans épouse du Sieur Degreille Sauvien des gardes du corps de Monsieur le comte d'Artois demeurant à Versailles hôtel des gardes du corps.
Dépose que lundi dernier sur les sept heures du soir étant dans sa cuisine de la Maison Rouge elle avait entendu le nommé Hardey jardinier de la dite Maison Rouge proférer des injures contre le Sieur de Montrabe son oncle, elle en est sortie et a entendu le dit Hardey traiter son oncle de gueux, sacré coquin, ivrogne ce qu'il a répété de nombreuses fois et s'adressant à la dite Dame de Montrabe qui était avec son mari l'a traitée de putain, garce ...."
Le personnel de maisons qui assurait le service à Maison Rouge était composé, d'après le Rôle de la Taille de 1789, de quatre personnes : un cuisinier, une femme de chambre, un domestique et une femme pour les gros travaux ménagers.
La mère de madame Du Barry étant décédée le 20 octobre 1788, la propriété qui était inoccupée fut louée le 1er avril 1792 " à bail et à loyer pour douze années consécutives à Etiennette Adélaïde Fernice épouse en communauté de bien de Jacques Folage de Morgan pour la somme de 900 livres par ans".
Lorsque en 1793 " la femme Du Barry paya de sa tête le prix de son forfait ". Ses biens furent confisqués et les scellés furent apposés sur les portes et les fenêtres de Maison Rouge par un commissaire du District de la Seine en présence des officiers municipaux de Villiers-sur-Orge.
La locataire du moment qui était l'épouse d'un militaire, plus exactement d'un chef de brigade de cavalerie légère, n'habitat Villiers que durant l'année 1792, " le citoyen Morgan se trouvant à l'armée où il n'a cessé de faire son devoir de républicain sa femme est demeurée au dépôt du régiment ". La location de Maison Rouge présentant alors " une charge considérable ", pour ne plus avoir à en supporter la dépense, les époux Morgan cédèrent le bail de la propriété à Boyard Saint-Paul.
Après l'arrestation de Madame Du Barry, lorsque les scellés furent apposés sur Maison Rouge, les locataires successifs ne purent rentrer dans les lieux, ce qui leur était préjudiciable, d'autant plus que des meubles et objets divers leur appartenant étaient mêles à ceux de la "femme Du Barry". Le 29 nivose an II (18/01/1794) le Conseil Général du District de Corbeil désigne un commissaire chargé de faire l'inventaire des biens ayant appartenu à l'ancienne favorite de Louis XV et d'en faire " la distraction " afin qu'ils soient vendus comme bien national. Ce qui était d'autant plus facile à effectuer qu'un " état avait été fait en double lors de la signature du bail ". Il est demandé en outre de constater "l'état de la maison et de définir les réparations plus ou moins urgentes qui sont à faire ainsi que les suppressions qui sont susceptible d'être faites".
Ce dernier point devait présenter un caractère d'urgence puisque son ancienne propriétaire avait en 1792 avant son arrestation entreprit des travaux, un mémoire détaillé de ces derniers avait été rédigé par le citoyen Martel maçon à Villiers-sur-Orge, les frais à engager pour les réparations s'élevaient alors à 3 625 livres, les archives font mention d'un supplément de 1071 livres au devis initial sans plus de détails.
La municipalité de Villiers-sur-Orge avait de son côté en 1795 fait effectuer, sans devis ni adjudication préalable, des travaux pour un montant de 89 livres et avait subi des remontrances de la part du Conseil Général du District de Corbeil qui lui reprochait d'avoir dépassé du double la somme autorisée pour ce genre d'opération.
Du 11 au 15 fructidor an II, un commissaire nommé par le District procède à la vente des meubles, objets et autres ayant appartenu à la " femme Du Barry ". De plus le citoyen Saint-Paul est mis conformément à l'arrêté du département du 1 er germinal "en pleine jouissance de la totalité de ladite Maison Rouge et dépendances".
Le 28 nivôse an III la propriété est vendue comme bien nationale au Sieur Legrand de Corbeil pour la somme de 19 980 fr. Ainsi se termine pour Maison Rouge la période révolutionnaire.
Oudiette dans son Dictionnaire topographique des environs de Paris note que Maison Rouge a été abattue en 1808 et reconstruite par la suite, ce qui est plausible compte tenu de l'état dans lequel se trouvait déjà le bâtiment en 1795 ; Boyard Saint Paul n'avait-il pas fait remarquer au Commissaire du district, peut être avec une arrière-pensée "qu'il serait plus avantageux pour la Nation de vendre la maison vu son mauvais état actuel".
Sources:
Archives Départementales de l'Essonne (série L1 à L8 B3091)
Archives Départementales des Yvelines (5Q305)
La Résidence du Parc
Ce château se trouvait sur ce qui est de nos jours appelé la Résidence du parc. Il fut détruit, et dans l'enclos toujours boisé, furent construits de petits immeubles. En ce qui concerne l'Ancien régime, nous possédons que peu de renseignements au sujet de cette importante propriété. L'abbé Lebeuf nous parle toutefois d'un certain Jean-Jacques Lemaitre Auditeur des Comptes comme propriétaire du lieu, suivit par le comte Bagliani envoyé extraordinaire de Mantoue. Le manque de datation et l'imprécision du texte nous incitent à la prudence et attisent notre curiosité.
Plus près de nous le domaine appartint, avant la Révolution, au peintre J.B. Huet. En 1807 la propriété fut acquise par le général Pierre Barrois qui y résida jusqu'à son décès en 1860.

Ce château se trouvait sur le site de l'actuelle Résidence du parc
Général Barrois
Les actes d'Etat Civil de Villiers-sur-Orge mentionnent, à la date du 19 octobre 1860, le décès du général Barrois :
Barrois Pierre, 85 Ans, né le 30octobre 1774, Marié, originaire de Ligny (55) Comte Général de division fils de Barrois Jacques et de Gerard Marguerite
Conjoint : Levesque de Vilmorin Adelaide Jeanne Victoire résidant à Villiers/orge(91685
Tém. : Perrot Benjamin Pierre 69 ans, résidant à Paris Général de division Gendre.
Bassompierre Albert Charles Théodore résidant à Paris(75) 68 rue Taitbout, Ingénieur ponts et chaussées, Gendre
Qui était donc ce général Barrois né le 30 octobre 1774 à Ligny (Meuse), dont le père était boulanger ?
Doté d'une solide instruction qui lui fut prodiguée dans le collège de la ville, il servit dans l'armée du 12 septembre 1793 au 12 avril 1848, combattit dans les armées du Nord, Sambre et Meuse et, à la 9e demi-brigade sous les ordres de Marceau, puis sous les ordres de Lazare Hoche, ensuite nous le trouvons en Vendée puis en Italie et dans toute les grandes batailles, quelque soit le régime en place
Il participa au procès du duc d'Enghien où il fut le seul à voter pour un sursis à son exécution.
Le 14 février 1807 il est élevé au grade de général de brigade, puis le 27 juin 1811 à celui de général de division.
Nous le trouvons comte d'Empire en 1814, Grand Croix de la Légion d'honneur en 1836.
Dans sa longue carrière, il servira successivement : la Convention, le Directoire, le Consulat, l'Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet et Napoléon III.
Admis à la retraite le 30 mai 1848, il se retira à Villiers-sur-Orge où il fut conseiller municipal et membre du bureau de bienfaisance jusqu'à sa décès. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise, dans le caveau de la famille Levesque de Vilmorin.
Le journal LE MEUSIEN, lors de la commémoration du centenaire de sa mort en 1960, nous parle de lui en citant les paroles prononcées lors de ses obsèques par une personnalité locale :" Il fut modèle, conseiller et protecteur de familles... servant des intérêts religieux, moraux et matériels de notre modeste village."
Il affirma en effet ses convictions religieuses en s'opposant, en 1808, à la démolition totale de l'église de Longpont (1) qui était alors très vétuste. L'édifice cependant fut amputé de l'abside et du transept, il ne fut toutefois restauré dans sa plénitude qu'entre 1872 et 1875.
(1) Erigée en basilique en 1919.
La première école
D
'après la loi du 11 floréal an 10 (1er mai 1802), les institutions des Ecoles primaires sont à la nomination des Conseils Municipaux des Communes ; ceux-ci doivent en outre pourvoir à leur logement, et fixer leur traitement ; mais le défaut de ressources met une grande partie des communes rurales dans l'impossibilité de remplir les dispositions de la loi.Ce n'est toutefois que sous le règne de Louis-Philippe que l'enseignement primaire est développé par la promulgation de la loi de 1833, à laquelle le nom de Guizot est attaché. Cette loi sur l'enseignement primaire ordonnait qu'il y ait dans chaque commune un instituteur, et dans chaque département une école normale pour assurer la formation de ces derniers. Son application sera lente et laborieuse, de nombreuses réticences restant à surmonter.
Avant 1875 les enfants de notre commune allaient à l'école à Longpont distante de plus de deux kilomètres ; lorsque l'inspecteur de l'enseignement primaire examine le dossier relatif à l'acquisition par la commune de Villiers-sur-Orge d'une maison pour y établir une école mixte, il fait la remarque suivante : " Depuis un temps que je ne saurais préciser, la commune de Villiers-sur-Orge est réunie à Longpont qui en est éloignée de deux kilomètres, distance que les jeunes enfants ne peuvent parcourir sans graves inconvénients en hiver." Puis il ajoute : "Depuis plusieurs années, le Conseil d'arrondissement émet le voeu de voir établir une école dans cette commune ..."
Une étude de la population scolaire de la commune portant sur les enfants âgés de 4 à 13 ans donne pour résultats un total de 28 élèves potentiels repartis comme suit : 13 garçons et 15 filles. Les conseillers municipaux estiment par ailleurs, que la présence de l'Asile de Vaucluse dont un certain nombre d'employés a élu domicile à Villiers va agrandir la population scolarisée.
Le 27 décembre 1874 la commune de Villiers-sur-Orge fait l'acquisition d'une maison destinée à recevoir une école mixte. Cette maison avait été mise en vente par autorité de justice et par le ministère de Maître Hordain notaire à Longjumeau. Cette propriété était située Grande-Rue au centre du village, donc bien placée géographiquement. D'une surface de 27 ares 23 centiares, elle comprenait une maison d'habitation élevée sur une cave ainsi qu'un jardin. Le montant de l'acquisition s'élevait tous frais compris à 2999 f.
La rénovation et l'agrandissement, nécessaires pour adapter la maison d'habitation et en faire une école conforme aux directives de l'époque, nécessitent une dépense de 11.664 f, alors que la commune ne dispose que de 7.449 de ressources. Pour mener à bien le projet a commune est autorisée à emprunter la somme de 4.500 f remboursable en 15 ans, le taux d'intérêts ne devant pas excéder 5 %. Comme il est d'usage à cette époque, où un effort considérable est fait en faveur de l'enseignement, un financement complémentaire est apporté conjointement par le Conseil général qui accorde une subvention de 4.000 f et par l'Etat qui alloue une somme de 2.500 f.
Le 1er octobre 1875, un instituteur M. Pillon est nommé à Villiers, il doit, dans un premier temps, installer provisoirement sa classe dans deux petites pièces, qui deviendront par la suite la salle à manger et la cuisine du logement de l'instituteur.
La première rentrée s'effectue dans la précarité en effet, rien n'est prêt, un mobilier scolaire provisoire composé de 4 tables doit être confectionné à la hâte afin de permettre aux élèves de travailler au moins assis. Cet état de fait durera jusqu'en 1878, lorsque les travaux d'aménagement de la classe et du logement de l'instituteur ne seront terminés, ce dernier pourra prendre possession de son logement et enseigner dans des conditions acceptables ; jusqu'alors il arrivait à l'heure d'ouverture de la classe du matin et repartait à l'issue de celle du soir pour aller demander l'hospitalité à son père qui était instituteur de Linas.
Cette école de Villiers conservera cet aspect jusqu'à l'inauguration, en 1937, de la nouvelle école communale (l'actuelle école Pierre Brossolette) qui prendra le relais de l'ancien établissement apportant par cela même plus de confort à l'enseignement primaire au sein de notre collectivité locale.
Sources :
Annuaire départemental 1804
Monographie d'instituteur 1899
Archives départementales de l'Essonne : 2 O 1458
E. Lavisse "Histoire de France" (1930)
Illustration tableau de Charles Lefévre
Cartes postales : collection J. Peyrafitte
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Le docteur Guillotin
Habitant de Villiers-sur-Orge dont le nom est passé malgré lui à la postérité, le docteur Guillotin, il n'est pas comme on peut le penser l'inventeur de l'instrument de supplice qui porte son nom. La guillotine ne date pas de la Révolution Française, elle était déjà en usage en Ecosse au XVI° siècle. Le docteur Josef-Ignace Guillotin (1738-1814), professeur d'anatomie à la Faculté de Paris, en qualité de membre de la Constituante proposa dans un but humanitaire, certains prétendent que c'est par opportunisme, de remplacer les supplices et tortures alors en usage par l'utilisation d'une machine qui abrégerait les souffrances des condamnés. Le " Moniteur" nous rapporte le lyrisme dont ses discours étaient empreints en nous citant cette phase qui termine l'un d'eux et qui provoqua le rire de l'assemblée à laquelle il s'adressait "Messieurs avec ma machine, je vous ferai sauter la tête en un clin d'oeil, et sans que vous en éprouviez la moindre douleur."
Le docteur Guillotin, député parisien, un des principaux rédacteurs du cahier des doléances de la ville de Paris, était arrivé à l'assemblée en mai, en même temps que l'abbé Syriès. Le 20 juin lorsque les députés se virent refuser l'entrée de la salle des séances sous prétexte que l'on était en train de l'aménager, c'est lui qui eut dit-on l'idée de l'installation des députés du Tiers-état dans la salle du jeu de Paume où fut prêté le fameux serment.
En 1791, l'assemblée ayant adopté les propositions de Guillotin, le docteur Louis fut chargé de perfectionner la machine qui fut un moment appelée "Louisette" et "Petite Louison". On fit des tests sur des cadavres à Bicêtre, ceux-ci ayant été concluants, il fut décidé de l'utiliser pour les exécutions capitales.
Le premier exemplaire a été construit pour la somme de 960 livres par un allemand Tobias Schemidt, qui jusqu'alors était spécialisé dans la construction de clavecins.
Cette machine fonctionna pour la première fois le 25 avril 1792 aux dépens de Nicolas-Jacques Pelletier voleur de grands chemins de son état. Trois jours plus tard elle portait déjà dans la presse le nom de guillotine.
La seconde exécution capitale fut celle de Louis XVI, elle se déroula place de la Concorde le 21 janvier 1793 à dix heures trente du matin, ce fut le début d'une longue série. Les hasards de l'histoire firent que Louis XVI et Guillotin furent mis fortuitement en présence lors des événements des 5 et 6 octobre 1789, en effet ce dernier faisait partie des députés désignés qui accompagnaient une délégation issue de la foule parisienne qui excédée par la famine s'était rendue à Versailles pour ramener dans la Capitale "le boulanger, la boulangère et le petit mitron".
Sous la Terreur, la guillotine resta installée en permanence place de la Concorde pendant 13 mois, du 11 mai 1793 au 9 juin 1794. Après le 9 thermidor (27 juin 1794) elle fit de nouveau son apparition pour l'exécution de Robespierre. Le nombre de personnes décapitées à Paris pendant la Révolution est assez considérable puisqu'il s'élève, d'après les renseignements que nous possédons à 2.498 personnes. Jeanne Bécu, comtesse Du Barry, favorite de Louis XV, propriétaire de Maison-Rouge fut parmi les victimes.
Guillotin possédait une maison à Villiers-sur-Orge, elle était située sur l'emplacement de l'actuelle mairie et fut acquise le 19 octobre 1808 pour la somme de 22.000 fr. Il ne séjourna qu'épisodiquement dans cette propriété, son habitation principale était à Paris, au 209 rue Saint-Honoré, où après la Révolution il avait installé un cabinet médical. Il est décédé à cette adresse le 26 mars 1814 à l'âge de 76 ans.
Guillotin qui faillit être exécuté sous la terreur, avec l'instrument dont il avait préconisé l'usage, protesta jusqu'à sa mort contre le fait que "son nom soit accolé à la machine à décollé".
L'année 1939 vit la fin des exécutions capitales sur la place publique, en effet un décret en date du 29 juin mit un terme à ce spectacle atroce pour voyeur à la recherche d'émotion forte que constitue une exécution publique. Désormais la guillotine sera repoussée à l'ombre des prisons jusqu'à l'abolition de la peine de mort dans notre pays.
L'argot langage populaire, oh combien imagé ! À donné à notre sinistre machine de nombreux synonymes parmi lesquels nous trouvons : la veuve, la faucheuse, la machine à raccourcir, la bascule à Charlot etc... Le terme "bascule à Charlot" provient du fait que tous les aînés de la célèbre famille des bourreaux de Paris, les Sanson, se prénommaient Charles et qu'ils assumaient cette charge de père en fils.
Source :
Promenade au bord de l'Orge - J.Peyrafitte - (Ed. Amatteis 1990)
Portrait de Guillotin :couverture du Livre Le docteur Guillotin -H Pigaillem ( Ed. Pygmalion 2004)
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Les seigneurs de Villiers-sur-Orge
L'abbé A.E. Genty (1) est curé d'Epinay-sur-Orge au XIXe siècle, historien local, Membre de la Société d'Archéologie de Rambouillet on lui doit diverses monographies traitant de l'histoire de plusieurs localités de l'Ile de France. Dans son ouvrage sur Epinay il mentionne quelques seigneurs de Villiers-sur-Orge ; nous le prendrons comme référence, avec les réserves d'usage, pour la période historique qu'il analyse . Ce qui suit est un peu fastidieux mais nécessaire pour une bonne compréhension du sujet traité dans ce chapitre.
Nous trouvons page 18 de sa monographie : " Thomas de Châtre possédait ; dans les mêmes conditions le village de Villiers et certaines redevances sur le moulin du Breuil ". Page 25 il est écrit : "que les droits de Thomas de Châtre étaient advenus à Ansolde de Villiers ". Quelques lignes plus loin il nous est dit que ces droits passent au XIIe siècle à Pierre de Villiers fils d'Ansolde. A la page 41 se trouve mentionné au sujet du territoire d'Epinay : " quelques enclaves à Savigny et Villiers " ; page 80 toujours au sujet du territoire d'Epinay nous trouvons " un champtier du territoire de Villiers nommé Les Bas Graviers " on notera qu'il n'est pas question de fief ; sa surface est mentionné : 12 arpents 6 perches. Toutefois on ne peut passer sous silence que page 146 le territoire cité en référence est qualifié de fief. Une confirmation de cette enclave nous est apportée par D. Anger dans son ouvrage ayant pour titre "Dépendances de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés " (2) ,tome 2, publié en 1907, où nous lisons page 103 "posséder comme bien un champtier sur le territoire de Villiers nommé Les Bas Graviers, comme étant chargé envers la seigneurie du Breuil d'une rente de 14 sols 2 deniers ".

La terre et seigneurie de Villiers (3)
1221 Ansold de Villiers
1398 Jehan Labbé de Villiers
???? Pierre de Villiers
???? Thiphaine de Villiers dont la pierre tombale se trouve dans la basilique de Longpont
1457 Guillaume de Vie
1499 Jacques Piedefer
1510 Jean Hannequin ou Havin
1575 Henry de Grouche
1576 François Desgrange
1586 Louis Mornay seigneur de Villarceau et autres biens
1604 Noël de Caplan trésorier de France à Amiens
1625 François Rousselet
1634 Dreux d'Aubray
1671 Thérèse d'Aubray
1675 Madeleine d'Aubray
1727 Jean Quentin
???? Louis Quentin
1776 Jean Philbert Quentin
1787 Charles de Ballainvilliers.
La présente liste peut comporter des erreurs de dates, les sources consultées n'étant pas toujours en concordance, entre elles à quelques années près sur certains évènements. Des corrections seront éventuellement apportées en fonction d'éventuelles remarques après contrôle.
Sources :
(1) Epinay-sur-Orge - Abbé A.E. Genty - 1893
(2) Dépendances de l'Abbaye de Saint-germain-des-Prés - D. Anger - tome 2 - 1807
(3) Archives Départementales de l'Essonne
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