Fleury-Mérogis

 

Des précisions concernant l'origine du nom de Fleury-Mérogis nous sont apportées par la consultation de l'importante étude de l'abbé Lebeuf sur "L'histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris" où nous trouvons ce qui suit et le transcrivons :

"Comme l'on trouve dans le Royaume vingt endroits, tant Bourgs que Villages ou Paroisses, qui portent le nom de Fleury, il a été nécessaire de leur donner des surnoms pour les distinguer. Celui-ci est écrit et appelle Fleury-Merogis dans les Livres de l'Election de Paris. C'est un nom qu'il n'a commencé à avoir que dans le XIII siècle, et il l'a tiré d'un des possesseurs de cette Terre, lequel s'appelloît Guillaume Meraugis. Avant ce temps-là on disoit Flory ou Flury, ou bien Fleury tout simplement ; car ce lieu de Fleury est connu sous le nom de Fluriacum dès la fin du onzième siècle. Il en est parlé dans le Cartulaire de Longpont environ l'an 1093. M. de Valois croit que ce nom de Floriacum vient de quelque possesseur primitif ou même du fondateur du lieu, lequel auroit eu le nom Romain de Florus."

 Sous l'Ancien régime, Fleury est une petite paroisse rurale qui nous est décrite en 1808 par Oudiette, dans son Dictionnaire des Environs de Paris, comme suit ; " "Fleury-Mérogis, village, département de Seine-et-Oise, arrondissement de Corbeil, canton de Longjumeau, ci-devant province de l'Ile de France, et diocèse de Paris. Sa population est d'environ 200 habitants, avec les fermes et maisons isolées, dites le Plessis-le-Comte, qui formaient, dans l'ancien régime, une petite paroisse."

 

Plan de 1785

 

Globalement la population demeure restreinte puisqu'en 1949, on ne dénombre que 261 habitants. Cette population évoluera peu jusqu'à l'implantation sur le territoire de la commune du centre pénitentiaire qui va entraîner un développement considérable de la population.

Par le passé un des gros problèmes de la commune fut son manque de sources. L'instituteur nous dit dans sa monographie : "Les habitants du lieu n'ont à leur disposition que de l'eau de pluie recueillie dans des citernes ou celle fournie par des puits encore qu'un certain nombre sont taris lorsque la saison d'été est sèche.". Ce qui explique peut-être en partie la faible poussée démographique de la commune dans les siècles passés.

La construction d'un lavoir couvert, utile aux ménagères pour laver leur linge est décidée le 6 septembre 1863. (1) Il est installé sur un fossé de drainage, pour récupérer le maximum de l'eau nécessaire à son alimentation. Un puits creusé à proximité permet lorsque le fossé est à sec d'alimenter le lavoir. Les conditions approvisionnement en eau étant extrêmement réduites, c'est un règlement drastique qui régit son utilisation.

Le château

Construit au XVIIIe siècle c'est un bâtiment de trois étages en pierre du pays d'une architecture assez banale. Il est composé d'un corps de logis flanqué de deux ailes en retour sur la façade arrière, la façade principale est tournée à l'est, on y accède par un escalier monumental. Un de ses propriétaires Edmond Bartissol, qui fut entre autres maire de Fleury Mérogis, en fit un rendez-vous de chasse fréquenté par les hommes politiques de l'époque. C'est ainsi que l'on y vit des personnalités comme Clemenceau et Joffre

 

 

Eglise Saint Rédempteur

L'Eglise du St Rédempteur date de 1725 est en pierre de taille et grès et fut bâtie à la demande de Louise Berault, épouse du seigneur du lieu. Elle est constituée d'une nef, sans Bas-côtés, coupée par un transept, et terminée pour les "chames d'angle". A l'intérieur, les voûtes en berceau sont en plâtre sur une ossature formée par une charpente de forte dimension, entièrement indépendante de la toiture. .

Sous le choeur se trouve le caveau où sont inhumés plusieurs membres de la famille de Joly de Fleury

Seigneurs

Le plus ancien seigneur de Fleury dont le nom nous est parvenu est "Robertus de Fluriaco". Il est mentionné, nous dit l'abbé Lebeuf, trois fois comme témoin dans des actes qui concernent le prieuré de Longpont.

De nombreux châtelains se succédèrent, jusqu'en 1602, où la terre de Fleury fut acquise par François de Joly dont la famille de grands de magistrats occupa sans interruption la charge de procureur général du parlement de Paris de 1717 jusqu'à la suppression de la cour en 1790.

 

Edmond Bartissol

Né en 1841 à Portel-les-Corbières, dans l'Aude, le jeune Edmond est le fils d'un maçon. . Sa jeunesse fait l’objet de controverses. Autodidacte ou diplômé studieux ? Rien n’est sûr.(2) En moins de vingt ans, ce self-made-man va passer du statut de petit employé à celui de grand chef d'entreprise. Il va s’imposer comme meneur d’hommes lors de la construction du canal de Suez où il dirigera près de 15 000 ouvriers africains qui creusent le sol sous un soleil de plomb, dans des conditions terribles.

Sa fortune faite, il acquiert des exploitations viticoles au Portugal et dans sa région d’origine, l’Aude. Il achète aussi leur production à de petits exploitants de Banyuls, Port-Vendres et Cerbère et lance le célèbre apéritif qui porte son nom

Edmond Bartissol élu maire de Fleury-Mérogis en 1899, il partage sa vie entre Fleury-Mérogis dont il est maire et châtelain et Perpignan, dont il est le député.

Le centre pénitentiaire

La construction de cette prison de grande capacité a été décidée par l'administration pénitentiaire en 1962, et réalisée par les architectes Guillaume Gilet, Premier Grand Prix de Rome, Pierre Vagne, Jacques Durand et René Bouf, de 1964 à 1968. Il a ouvert ses portes en 1967. Sa capacité d’accueil, de près de 4 000 détenus, devait permettre de désengorger d’autres prisons et notamment celle de la Santé, vétuste et surpeuplée, tout en offrant aux détenus de meilleures conditions de vie. Le complexe pénitentiaire fut conçu de forme polygonale, avec au centre un échangeur distribuant 5 blocs de détention en forme d'étoile à 3 branches.

Vue générale

Le lavoir

 

 Sources :

(1) Archives départementales de l'Essonne - 59J 23 -24 - 2O567

(2) R. Davoine historien de Fleury-Mérogis

Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris - Abbé Lebeuf

Dictionnaire des environs de Paris - Oudiette 1817

Monographie d'instituteur 1899

 

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